Une évaluation du potentiel géothermique de la République Dominicaine

29.08.2016
Le BRGM a engagé en juin 2016 une étude d’un an visant à évaluer le potentiel géothermique de la République Dominicaine. Ces travaux s’inscrivent dans une perspective de production d’électricité à partir de fluides de haute température et/ou d’exploitation des ressources géothermiques de basse à moyenne température pour différents usages.

Présentation de sensibilisation à la géothermie faite par le BRGM au ministère de l’Énergie et des mines de la République Dominicaine, à Santo Domingo, le 14 juin 2016. © BRGM

Présentation de sensibilisation à la géothermie faite par le BRGM au ministère de l’Énergie et des mines de la République Dominicaine, à Santo Domingo, le 14 juin 2016. © BRGM

Comme beaucoup de pays de la Caraïbe, la République Dominicaine a une forte dépendance au pétrole pour la production de son électricité. Le contexte tectonique de l’île (arc insulaire) ainsi que des indices potentiellement favorables à la présence de ressources géothermales  (découverte de zones vol caniques datées à 300 000 ans et présence de sources thermales à plus de 40 °C à leur émergence), justifient cette nouvelle phase d’exploration.

"Le développement des énergies renouvelables à partir de ressources propres, explique Bernard Sanjuan, responsable du projet, est un enjeu majeur pour la République Dominicaine en termes de développement économique et d’indépendance énergétique. La géothermie, disponible 24/24 h et accessible à un prix compétitif, serait un atout formidable, mais les recherches conduites jusqu’alors ont laissé encore trop d’incertitudes."

Dans le pays, le BRGM a dès 1980 réalisé des travaux d’exploration à finalité géothermique*, identifiant quatre zones prioritaires, dont une particulièrement favorable située en contexte volcanique sur l’axe Yayas de Viajama– Constanza (ouest de Saint-Domingue). Les Italiens d’Electroconsult ont ensuite (1984) exploré plus finement cette zone, proposant deux implantations de forages de gradient thermique, jamais réalisés.

Électricité et usages industriels, agricoles ou ludiques

'Depuis quelques années, poursuit B. Sanjuan, dans un contexte favorable aux énergies renouvelables, le BRGM a repris une forte activité sur la géothermie dans la Caraïbe, notamment à travers le développement du champ de Bouillante, en Guadeloupe, ou avec ses travaux  d’exploration en Martinique et à la Dominique. Et c’est assez naturellement, alors que nous sommes très présents en République Dominicaine (cf. article page 8) que nous avons été choisis pour cette étude, financée par la Banque interaméricainede développement (BID) et qui s’inscrit dans la déclinaison d’un accord-cadre de coopération signé en 2014 avec le ministère de l’Énergie et des mines du pays.'

Les quatre zones identifiées en 1980 vont être étudiées durant un an, avec une focalisation sur la zone Yayas de Viajama–Constanza. “Nous allons, explique B. Sanjuan, réunir et exploiter les très nombreuses données bibliographiques, rapports antérieurs, informations de la base de données de forages d’hydrocarbures et de la base Sysmin, dédiée aux ressources minières. Puis nous irons sur le terrain pour des campagnes de reconnaissance géologique et des investigations géochimiques et hydrogéologiques visant à confirmer les potentiels identifiés. Notre filiale CFG Services se chargera ensuite de réaliser une approche technico-économique afin de mesurer l’adéquation des ressources potentielles avec les besoins du pays."

Si la production d’électricité à partir de hautes températures (plus de 150 °C) est l’un des objectifs de la démarche, ce n’est pas le seul. Des usages industriels, de production de froid, agricoles, piscicoles, ludiques… sont également visés à partir de ressources moins chaudes. “La dernière phase visera à déterminer la pertinence de travaux complémentaires, explique B. Sanjuan, notamment la réalisation d’études de pré-faisabilité, puis de faisabilité, requérant des travaux de géophysique et de forages de gradient thermique et d’exploration à plusieurs centaines de mètres de profondeur.

Le BRGM bénéficie d’un soutien sans faille du directeur du Service géologique national dominicain dont une équipe participe activement au projet. "Nous travaillons avec deux géologues, deux hydrogéologues, et deux spécialistes des systèmes d’information géographique. Une partie  de la mission qui nous a été confiée est aussi de former le personnel local sur le terrain et de lui transférer connaissances et savoir-faire."

* Étude pilotée par l’Olade (Organisation latino-américaine de l’énergie).