Provence-Alpes-Côte d’Azur

Le BRGM dispose d’implantations dans toutes les régions de France métropolitaine et en Outre-mer, afin de répondre aux attentes de ses partenaires régionaux et de les accompagner face aux enjeux territoriaux. Présentation des activités de sa direction régionale PACA.

Carte de la région

Le BRGM Provence-Alpes-Côte-d’Azur est implanté à Marseille. Les actions de la direction régionale sont essentiellement consacrées aux grands enjeux de la région que sont les risques naturels (géologiques et littoraux), les ressources en eau souterraine, la qualité des milieux (eaux souterraines et sols), ainsi que la gestion des ressources dans un contexte de changement climatique et de pression démographique et foncière. Elles sont réalisées par une équipe pluridisciplinaire d’une dizaine de personnes, étroitement appuyée par les spécialistes présents au centre scientifique et technique à Orléans ou dans les autres régions.

La Méditerranée, les Alpes : la plus grande étendue d’espaces naturels des régions françaises

La région se caractérise par son littoral méditerranéen où se concentre l'essentiel de la population et un arrière-pays de collines puis du massif Alpin moins densément peuplé. Elle se classe troisième au niveau national par sa population (4,5 millions d'habitants). Sa densité de population, 144 habitants/km2, est un peu supérieure à la moyenne nationale.

Ce vaste territoire est divers, de par sa géologie et de par son histoire, avec plusieurs grands ensembles : la Provence qui est caractérisée par la plaine du Rhône, le littoral de la Camargue et celui des falaises calcaires de la zone marseillaise, et une grande zone de plaines et de collines qui s’étendent jusqu’au pied des Préalpes, les Alpes du sud et la côte d’Azur à l’est. Le littoral est très particulier avec une très forte urbanisation, tout en abritant le premier Parc Naturel National urbain côtier et marin (Parc des Calanques à Marseille). La grande diversité des côtes rocheuses, sableuses, ou artificialisées, nécessite une gestion du trait de côte à la hauteur des enjeux majeurs pour la préservation des personnes et des biens et le maintien de l’attractivité touristique.

Avec une part de 75% d’espaces naturels, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur possède la plus grande étendue d’espaces naturels des régions françaises.

Sur le plan économique, la Côte d'Azur, partie du littoral s'étendant entre Toulon et la frontière italienne, est l'une des régions de France les plus fréquentées par les touristes français et étrangers. En 2017, le secteur touristique représente près de 10% des emplois de la région. L’activité industrielle, de pétrochimie notamment, se développe essentiellement autour de l’étang de Berre.

Le terreau de la recherche est très riche et diversifié en Provence-Alpes-Côte d’Azur, notamment sur les risques (naturels et anthropiques) et les géosciences. Le tropisme historique de Marseille et de Nice vers le sud et les autres rives, ouvre les coopérations de recherche avec des partenaires européens voire d’autres pays du pourtour méditerranéen.

Gérer durablement les ressources en eaux et leurs usages

Campagne d’investigations caméra et diagraphies multiparamètres dans le cadre du projet CONCERT-EAUX

Campagne d’investigations caméra et diagraphies multiparamètres dans le cadre du projet CONCERT-EAUX. © BRGM - F. Rivet

Les enjeux

L’alimentation en eau de PACA est très variable selon le territoire considéré : dans une grande partie de la Provence, l’eau est fournie par la Société du Canal de Provence et le gestionnaire du canal de Marseille qui, avec plus de 5000 kilomètres de canaux et de canalisations, mobilisent des eaux issues essentiellement des réserves de la Durance et du Verdon qu’ils transportent, puis distribuent dans les départements des Bouches-du-Rhône, du Var, des Alpes-de-Haute-Provence et du Vaucluse.

A l’est de la région, l’alimentation en eau est réalisée à partir du fleuve Var, du canal de la Vésubie et de la nappe du fleuve transfrontalier Roya.

Dans le département du Var, une partie de l’alimentation est rendue possible par l’exploitation des nappes du bassin de l’Argens.

La prédominance des eaux de surface alpines dans l’alimentation en eau du territoire régional a induit un relatif désintérêt pour la connaissance des eaux souterraines surtout sur l’ouest de la région (exceptée la nappe de la Crau). Toutefois, les préoccupations de sécurisation des approvisionnements en eau et les bouleversements attendus liés au changement climatique poussent actuellement les acteurs du territoire à investiguer et accroitre la connaissances des bassins profonds ou alluviaux et poursuivre partout les efforts d’économie d’eau, notamment pour les usages urbains et agricoles. En effet en Provence, certains secteurs sont en déséquilibre quantitatif ou risquent de le devenir à l’avenir sous l’impact des changements globaux. Plus de 25 sous-bassins versants sont concernés par des déséquilibres quantitatifs (SDAGE 2016-2021), dont près de la moitié sont situés en Provence occidentale.

L'implication et les réponses du BRGM

La dégradation depuis des décennies de la qualité des ressources en eau par les activités humaines et la proximité de la mer conduit le BRGM à développer, avec l’appui des services de l’État (DREAL), des collectivités (Région, Département,…), des Syndicats des eaux et de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, des méthodes de caractérisation, de surveillance et de modélisation des écoulements par le biais de programmes de recherche pluri-annuels, comme c’est le cas pour exemple sur :

  • la nappe de la Crau avec des travaux d’études sur la salinité, complétés par un partenariat avec le Grand Port de Marseille (GPMM) dans le cadre du projet GAMBAS portant sur la gestion active du barrage anti-sel,
  • les ressources en eau contenues dans les karsts profonds : le projet PROVENKARST avec l’Agence de l’Eau vise à identifier des ressources en eau souterraine déconnectées des eaux superficielles, qui sont largement représentées en Provence, et qui pourraient répondre au besoin de préserver l’équilibre quantitatif pour faire face à l’évolution des pressions sur la ressource en contexte de changement climatique.

Le BRGM assure également la surveillance quantitative de 30 masses d’eau souterraines appartenant aux bassins Rhône-Méditerranée, avec le concours de plus de 80 piézomètres télétransmis qui permettent de diffuser le niveau des nappes en temps réel.

Par ailleurs un projet remarquable permet d’anticiper et mieux comprendre l’impact du changement climatique en milieu méditerranéen sur la ressource en eau. Réalisé dans le cadre d’un projet Interreg avec le CNRS, l’Université de Gènes et la région Ligure, le projet CONCERT-EAUX concerne le territoire de la vallée de la Roya. Le BRGM réalise notamment ainsi un observatoire de la ressource en eau sous la forme d’un site web, permettant de visualiser directement les chroniques de niveau mesurées sur le champ captant, en 3D.

Mieux intégrer les risques pour l’aménagement durable des territoires

Effondrement du Luc-en-Provence le 8 octobre 2014 (Var). © BRGM

Effondrement du Luc-en-Provence le 8 octobre 2014 (Var). © BRGM

Les enjeux

Les risques naturels sont très présents dans la région - il n’y a pas de commune qui en soit exempte. Tous les types de risques sont susceptibles d’affecter le territoire régional, dont deux considérés comme majeurs à l’échelle nationale : le risque sismique et le risque d’inondation. Les risques gravitaires, glissements de terrain, les aléas retrait-gonflement des argiles, ou la  dissolution du gypse, affectent également le territoire. Les effets du changement climatique vont de plus accentuer les risques de submersion marine sur une partie du littoral de la région. Ce phénomène pose à terme des questions de sécurité publique, mais également des questions sociales et économiques majeures, qui seront d’autant plus délicates à l’avenir qu’elles n’auront pas été traitées de manière anticipée.

L'implication et les réponses du BRGM

Le BRGM est un acteur majeur de la connaissance et de la gestion des risques naturels, notamment dans les réponses scientifiques et techniques qu’il donne aux axes identifiés par la Stratégie régionale de prévention des risques naturels 2015-2018 effectuée sous l’égide de la Préfecture de région (et celle en préparation pour 2019-2021). Plus particulièrement cette Stratégie régionale peut s’appuyer sur l’Observatoire Régional des Risques Majeurs mis en œuvre par le BRGM PACA avec une gouvernance partagée DREAL PACA - Région Provence-Alpes-Côte d’Azur-BRGM.

Les équipes du BRGM appuient ainsi les services de l’Etat et les collectivités territoriales dans la caractérisation du risque de mouvements de terrain (effondrement de falaises côtières, fontis par dissolution de gypse Triasique, glissements de versant de massif,…), par des expertises visuelles ou la réalisation de mesures géophysiques et l’élaboration de modèles numériques.  

Des travaux scientifiques réalisés dans le cadre du partenariat avec la Région et la DREAL pour l’Observatoire Régional des Risques Majeurs permettent également :

  • d’améliorer la détermination d’un taux d’érosion sur les falaises côtières ou encore sur les conséquences des incendies de forêts du massif des Maures,
  • de renforcer et capitaliser la connaissance dans le champ de la dynamique côtière, avec la modélisation des risques de submersion en Camargue, la mise à dispositionde  la Base de Données des Tempêtes,
  • de mettre en œuvre l’approche multirisques déjà expérimentée (Pays A3V Asses-Verdon-Vaïre-Var, Durance) par la réalisation d’une échelle de dommages et la production d’indicateurs pertinents,
  • de comprendre les liens entre pluies intenses et glissements de terrain sur le département des Alpes-Maritimes,
  • etc.

Concernant le risque sismique, le BRGM dispose de compétences sismologiques mises à profit dans l’étude du territoire pour réaliser notamment des exercices de crise (exercices RICHTER réalisés à Cadarache en 2012, dans les Alpes-de-Haute-Provence en 2013 ou les Alpes-Maritimes en 2016) ou des cartographies et des développements d’outils innovants pour la gestion du risque. Le projet européen Interreg RISVAL (2017-2020) coordonné par la Région Autonome Vallée d’Aoste (Italie), aux côté de la Région Piémont, l’ARPA Piémont, le laboratoire ISTerre, GEOAZUR, CEREMA et l’ENTENTE, par exemple, relance et élargit, tant au niveau français que transfrontalier franco-italien, les coopérations scientifiques sur cette problématique dans le territoire alpin.

Dans le domaine de la gestion des risques associés aux sites, sols et sédiments pollués, le BRGM appuie régulièrement les services déconcentrés de l’Etat ou l’ADEME pour la conception de diagnostics, la mise au point ou l’évaluation de procédés de surveillance et de réhabilitation d’environnements pollués par d’anciennes activités économiques, ou encore d’expertise de dossiers complexes de pollution ou procédés de dépollution (friches industrielles, anciens sites miniers).

Pour exemple pour ce type d’enjeux, le BRGM est amené à combiner plusieurs compétences (hydrogéologie, sitologie, SIG, géotechnique), dans le cadre des plans POLMAR terre, où il accompagne la DREAL dans le dimensionnement des zones de stockage temporaires de résidus de pollution marine.

Contribuer à la gestion rationnelle, durable et responsable des ressources minérales primaires et secondaires

Carte des gisements d’intérêt national sur le nord Vaucluse. © BRGM

Carte des gisements d’intérêt national sur le nord Vaucluse. © BRGM

Les enjeux

La région est particulièrement en retard dans la planification et la gestion des déchets, marquée par l’insuffisance du tri par les ménages, le manque de déchetteries professionnelles, la faiblesse des filières de valorisation, de fortes tensions sur les capacités des installations de stockage et des flux interdépartementaux et internationaux (Italie) considérables. Une meilleure gestion des ressources implique ainsi de favoriser un modèle d'économie circulaire, moins consommateur de ressources naturelles, moins dépendant des énergies fossiles et favorisant le développement économique local.

L'implication et les réponses du BRGM

Face à cet enjeu, la DREAL PACA a notamment sollicité le BRGM dans le cadre de l’élaboration du Schéma Régional des Carrières : la région Provence-Alpes-Côte d’Azur fait figure de région pilote puisqu’il s’agit de la première région à élaborer un tel schéma, décrit dans le décret du 15 décembre 2015. Le BRGM a été chargé de réaliser l’inventaire des ressources primaires et secondaires à l’échelle de la région. Une carte des ressources identifie ainsi le potentiel des différentes ressources primaires accessibles, leur extension et leur diversité dans la région.

Concernant les ressources secondaires le schéma réalisé se focalise sur l’identification des gisements de ressources mobilisables en substitution à des ressources primaires extraites des carrières. Ce schéma fournit des données chiffrées sur les lieux, les tonnages, et les usages des ressources secondaires mobilisables de la région. Les échanges de ces ressources avec les départements et pays limitrophes de la région PACA ont également été pris en compte.

On constate globalement que des flux actuellement éliminés pourraient être mieux dirigés vers une filière de valorisation (les verres, le plâtre et les déchets du BTP au sens large), et que des gisements importants en volume restent à mobiliser avec les terres excavées et les déchets du BTP.

Enfin, plusieurs scénarios d'approvisionnement sont analysés, assortis d'une évaluation de leurs effets et précisant les mesures permettant d'éviter, de réduire et, le cas échéant, de compenser les atteintes aux enjeux environnementaux identifiés.

Mobiliser la connaissance du sous-sol de ses ressources et de ses usages au profit de la transition énergétique

Ancien carreau de mine avec le chevalement béton du puits Morandat qui deviendra la future ZAC exploitant le potentiel géothermique des eaux de mines. © BRGM

Ancien carreau de mine avec le chevalement béton du puits Morandat qui deviendra la future ZAC exploitant le potentiel géothermique des eaux de mines. © BRGM

Les enjeux

Dans un contexte de fort développement économique et démographique et un relatif enclavement par rapport aux grandes infrastructures nucléaires nationales, la transition énergétique est un défi majeur pour la région, dont l'objectif affirmé dans le Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Egalité des Territoires (SRADDET) est d’augmenter la production d’énergie diversifiée pour une région neutre en carbone à l’horizon 2050. Le territoire régional possède à cette fin un fort potentiel en énergies renouvelables : solaire, éolien, géothermie…

L'implication et les réponses du BRGM

La géothermie présente des perspectives de développement pour des réponses localement pertinentes selon les contextes hydrogéologiques. Ainsi le BRGM accompagne à Gardanne la reconversion d’anciennes mines de lignite ennoyées pour l’exploitation du potentiel géothermique afin d’alimenter des réseaux de chaleur et fraîcheur.

Par ailleurs, pour accompagner le développement durable de la géothermie, le BRGM est à même de réaliser des cartes de potentiel à différentes échelles, des zones à risques géologiques, et développe des méthodes de suivi visant à éviter les conflits d’usage entre activités humaines dans le sous-sol urbain.

Améliorer la connaissance du sous-sol et développer une infrastructure géologique

Guide géologique du Mercantour - Éditions du BRGM et Éditions Omniscience, 2016.

Guide géologique du Mercantour - Éditions du BRGM et Éditions Omniscience, 2016.

Les enjeux

La plupart des questions environnementales et d'aménagement du territoire ne peuvent trouver de solutions pertinentes sans une bonne connaissance de la nature du sous-sol. Plusieurs enjeux y sont directement liés, eu égard à la valeur patrimoniale de la diversité géologique régionale, aux besoins en matériaux et ressources minérales, et à la pression foncière accrue sur cette région à forts enjeux touristiques.

L'implication et les réponses du BRGM

Le BRGM met à la disposition du public l’ensemble des connaissances géologiques disponibles sur le territoire français : cartes géologiques à l'échelle 1/50 000, 40 000 dossiers de forages ou de sondages de la banque de données du sous-sol (BSS, disponible sur le portail InfoTerre du BRGM).

Ainsi paraît en 2018 la nouvelle carte géologique de Marseille, alors que s’ouvre le "chantier" Alpes et bassins périphériques du nouveau programme Référentiel géologique de la France (RGF). Celui-ci a pris, depuis 2012, le relais du programme de la carte 1/50 000 dans l’optique de perpétuer l’ambition, presque bicentenaire, de doter la France d’une infrastructure géologique au plus haut niveau scientifique, ouverte sur les besoins de la société. Il devra notamment permettre d’aborder, sur des bases scientifiques solides, les défis du développement urbain avec le concours d’outils innovants. C’est le cas avec le BIM (Building Information Modeling) qui, couplé à des modélisations 3D du sous-sol, permettrait de construire et faire vivre une maquette numérique en parallèle de l’ouvrage réel (bâtiment) ou des infrastructures de la ville et des métropoles régionales (Marseille, Toulon, Nice) pour connaître leur état à chaque instant et anticiper leur évolution.

Le BRGM participe également à la valorisation du territoire régional et son attractivité tout en veillant à en préserver la richesse, en éditant des ouvrages et guides sur la géologie régionale. Outre le plaisir de découverte du milieu, le BRGM contribue avec ses publications à la sensibilisation du grand public, des scolaires et des élus à l’intérêt de préserver la géodiversité en tant que support de la biodiversité.

Un ensemble de partenaires publics et privés

Le BRGM a l’expérience de partenariats pour des projets d’appui aux politiques publiques, de recherche publique mais également privée en réponse aux besoins des industriels, et de formation à toutes les échelles décisionnaires et d’aménagement de la région. Il travaille avec des partenaires publics : Europe (FEDER, INTERREG), Préfectures, DREAL, DDT(M), DRRT, DRAAF, ADEME, AFB, ARS, Conservatoire du Littoral, Conseil Régional, Conseils Départementaux, Métropoles et Communautés d’Agglomérations, Agences de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse, Société du Canal de Provence, Syndicats des eaux (Huveaune, Arc, Argens, Var,…), Chambres d’agriculture, Parcs Naturels Régionaux (Alpilles, Sainte Baume), et de nombreux partenaires scientifiques : universités Aix-Marseille et Nice (CEREGE, GEOAZUR), IRSTEA, IFREMER, CEREMA,…

Informations pratiques

Direction régionale Provence-Alpes-Côte d’Azur
Site de Marseille

BRGM
Direction régionale
Provence-Alpes-Côte d’Azur
117 avenue de Luminy - BP 168
13276 Marseille Cedex 9

Tél. : 04 91 17 74 77
Fax : 04 91 17 20 40

Directeur régional
Jean-Louis Lambeaux
jl.lambeaux@brgm.fr

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