Etat des nappes d'eau souterraine au 1er septembre 2020

Notes d'information - 11.09.2020
Durant le mois d’août, la vidange se poursuit et l’ensemble des niveaux de nappes phréatiques est en baisse.

Résumé

Durant le mois d’août, la vidange se poursuit et l’ensemble des niveaux de nappes est en baisse. Cette baisse s’est accélérée au cours de l’été sur les secteurs ayant connu un déficit pluviométrique associé à une forte sollicitation. Les épisodes pluviométriques survenus en août n’ont impacté que certaines nappes réactives proches du littoral de la Manche. Ce constat est habituel à cette période de l’année : les pluies estivales arrivant à s’infiltrer dans les sols sont absorbées par la végétation et n’atteignent que rarement les nappes.
 
La situation des nappes est dégradée dans l’est, avec des niveaux très bas pour la nappe de la plaine alluviale d’Alsace, et s’améliore en allant vers le sud-ouest pour atteindre des niveaux modérément hauts à hauts sur les nappes de la façade atlantique et du littoral du Languedoc-Roussillon. Le bénéfice de la recharge abondante de l’hiver dernier se ressent toujours et la situation au mois d’août reste satisfaisante sur une grande partie ouest du territoire. La situation continue de se dégrader sur les nappes réactives du Bassin parisien, de Lorraine et du Massif Central, sensibles à l’absence de pluviométrie. Enfin, la situation est peu favorable dans les secteurs accusant des recharges déficitaires depuis plusieurs hivers : nappes de la plaine d’Alsace, des couloirs de la Saône et du Rhône et de l’est du Massif Central.
 
En septembre, les tendances des nappes inertielles devraient rester orientées à la baisse. Concernant les nappes réactives, les tendances et l’évolution des situations dépendront essentiellement des pluies efficaces locales et des demandes en eau.

Carte de France de la situation des nappes au 1er septembre 2020. © BRGM

Tendances d’évolution

La vidange, initiée dès le milieu du mois de mars, a été interrompue sur certains secteurs par les précipitations de début mai et de juin. Depuis fin juin, la vidange se poursuit.

En août, l’ensemble des nappes affiche des niveaux en baisse. Ce phénomène est habituel en période estivale : les précipitations estivales génèrent rarement des pluies efficaces permettant de recharger les nappes, l’eau réussissant à s’infiltrer dans les sols étant entièrement reprise par la végétation. Seules exceptions, des recharges ponctuelles ont atténué temporairement la vidange des nappes bordant la Manche, en Bretagne et Normandie.

Au cours de l’été, les épisodes caniculaires et l’absence de précipitations ont pu engendrer des demandes accrues en eau et accélérer la baisse des niveaux. Les tendances à la baisse ont notamment été accentuées sur certaines nappes de la région Grand-Est.

Situation par rapport aux moyennes des mois d'août

Les pluviométries excédentaires enregistrées durant l’automne et l’hiver 2019-2020 puis au printemps 2020 sur une grande partie du territoire expliquent les niveaux particulièrement hauts observés entre mars et mai. Les effets de cette recharge hivernale importante s’observent encore sur la plupart des nappes.

En août, la situation est satisfaisante sur une grande partie ouest du territoire où les niveaux sont majoritairement autour des moyennes mensuelles à modérément hauts. Ainsi, les niveaux sont particulièrement satisfaisants sur les nappes de l’ouest du Bassin parisien, de Bretagne, du Bassin aquitain, du littoral méditerranéen et de Corse. Sur ces secteurs, la situation évolue peu par rapport à juillet. D’une part, les effets des pluies infiltrées durant l’hiver et le printemps restent visibles et d’autre part, la sécheresse météorologique n’a que peu d’influence en période estivale sur les niveaux des nappes.

La situation se dégrade lentement sur les nappes les plus réactives, du fait de l’absence de précipitations depuis plusieurs semaines. Ainsi, des niveaux modérément bas à bas sont relevés sur les nappes du pourtour du Bassin parisien : calcaires et sables du Lutétien-Yprésien, craie de Champagne, calcaires des côtes de Bars, calcaires de Lorraine, calcaires du Berry (sud Centre-Val-de-Loire). Les nappes du socle du Limousin et d’Auvergne sont également impactées et observent des niveaux bas.

Enfin, la situation est moins satisfaisante sur les nappes des alluvions et cailloutis d’Alsace, de Bourgogne, des alluvions et des couloirs fluvioglaciaires du Rhône amont et moyen. Ce constat s’explique par plusieurs hivers successifs avec des pluies déficitaires que la recharge 2019-2020 n’a pas permis de compenser. La situation se dégrade sur les secteurs ayant connu une sécheresse des sols en août et une forte sollicitation des eaux souterraines par les prélèvements.

Plusieurs nappes présentent des situations favorables, avec des niveaux modérément hauts à très hauts par rapport aux mois d’août des années antérieures :

  • Les nappes alluviales du Plio-quaternaire et des calcaires de Vendée et du bassin Adour-Garonne accusent encore les effets de la recharge hivernale abondante et d’apports exceptionnels en mai et juin ;
  • Les nappes de l’aquifère multicouche du Roussillon et des alluvions du littoral languedocien ont bénéficié d’une recharge hivernale satisfaisante et de pluies en avril et mai ;
  • Les nappes alluviales de la côte d’Azur et de Corse ont bénéficié d’apports conséquents ces derniers mois.

Certains secteurs montrent des situations moins favorables, avec des niveaux bas à très bas par rapport aux moyennes de tous les mois d’août, nécessitant une surveillance renforcée :

  • Les situations de la nappe alluviale d’Alsace et des calcaires jurassiques de Lorraine sedégradent rapidement, du fait de baisses conséquentes des niveaux en juillet et août ;
  • Les nappes des alluvions, cailloutis et corridors fluvio-glaciaires de Bourgogne, du Rhône amont et moyen accusent des déficits pluviométriques de ces derniers hivers mais lasituation se maintient entre juillet et août ;
  • Les niveaux des nappes du socle Massif Central en Auvergne et Limousin sont bas carsensibles aux déficits pluviométriques de ces dernières semaines.

Comme attendu, les précipitations annoncées pour septembre ne devraient pas engendrer une recharge significative des nappes. Des tendances stables ou à la hausse pourraient s’observer uniquement sur les secteurs arrosés abritant des nappes réactives. La vidange devrait se poursuivre sur l’ensemble des nappes du territoire jusqu’à la mise en dormance de la végétation et la survenue d’épisodes pluviométriques abondants, soit jusqu’à mi-octobre à fin novembre.

En septembre, les demandes en eau devraient diminuer. La situation des nappes devrait donc demeurer globalement similaire à celle d’août. Les précipitations pourraient toutefois permettre de limiter la baisse des niveaux et de soutenir l’étiage sur les nappes les plus réactives.

POUR ALLER PLUS LOIN

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