EuroGEOSS, un système pour mieux surveiller l’environnement

15.07.2012
Les scientifiques sont face à un défi : comment bien modéliser les phénomènes environnementaux quand on n’utilise ni les mêmes protocoles ni les mêmes outils que ses collègues ? EuroGEOSS permet de surmonter ces incompatibilités. Ce système collecte, "traduit" et met à disposition, grâce au Web, des données multiples et éparses émanant de l’observation de la Terre, de la mer et de l’atmosphère.

Drapeau de l'EuropeAu sein d’un réseau de chercheurs en sciences de la Terre, nombreux sont ceux qui, par exemple, n’emploient pas le même système de coordonnées géographiques. Parfois, il faut alors des semaines pour faire le tri des informations et construire un modèle !

Faciliter les échanges de données entre chercheurs

GEOSS, littéralement le "système des systèmes mondiaux d’observation de la Terre" (Global Earth Observation System of Systems) a été développé pour fluidifier la collaboration entre chercheurs par une simplification de l’accès aux données et une facilitation des échanges.

Le programme a l’appui des grands pays industrialisés, de la Commission européenne et de nombreuses organisations scientifiques, parmi lesquelles l’ESA, le JRC (Join Research Center de la CE), le CNR (CNRS italien), GBIF (Global Biodiversity), l’IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers),... au travers de son comité sur l’observation de la Terre.

EuroGEOSS, lancé en 2009, permet d’accéder directement, grâce au Web, à des informations issues d’un grand nombre d’infrastructures, sans souci d’interopérabilité pour les lire. Une modélisation qui prenait des semaines va pouvoir être réalisée en quelques heures grâce aux données accessibles par le biais du Web.

Le "broker" (médiateur) EuroGEOSS affichant une carte lithologique. © BRGM

Le "broker" (médiateur) EuroGEOSS affichant une carte lithologique. © BRGM

Des médiateurs de données

L’idée de l’adoption d’un standard unique d’interopérabilité pour les communautés de chercheurs était irréaliste. Le broker EuroGEOSS intervient plus "simplement" : comme un traducteur global de données multiples et éparses, venant de disciplines scientifiques multiples, en langages informatiques différents, véhiculées par des infrastructures hétérogènes. Bref, il les rend accessibles à tous.

Le broker EuroGEOSS utilise pour cela des "brokers", programmes informatiques qui agissent comme des médiateurs. Des systèmes hétérogènes pourront travailler ensemble sans que l’on ait besoin de passer par des standards logiciels, d’ajouter des modules ou de développer des applications spécifiques. Pas besoin de changer ses outils ni ses habitudes de travail !

EuroGEOSS effectue d’abord une recherche dans les infrastructures interconnectées à partir de mots-clés, de périodes et de zones géographiques. Il traduit la nomenclature en fonction de concepts corrélés, puis permet à l’utilisateur de récupérer l’information tout en convertissant les données géospatiales afin que les résultats soient restitués dans les mêmes systèmes de référence spatiale et temporelle. Pour finir, il permet de publier en retour.

Relier des bases de données multidisciplinaires

Le projet rend ainsi accessibles des bases de données multidisciplinaires mondiales, nationales et même régionales, et les relie de manière cohérente pour les utilisateurs.

L’application est en service pour des disciplines comme la biodiversité, la sécheresse et la forêt. Et plusieurs grandes organisations utilisent déjà les résultats, notamment le secrétariat du Système mondial d’information sur la biodiversité (GBIF) et l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO).

À noter également que le portail OneGeology établit une connexion avec le broker d’EuroGEOSS pour permettre l’accès à des données d’autres thématiques. Inversement le catalogue de OneGeology étant connecté au broker, les utilisateurs peuvent accéder aux cartes géologiques proposées par OneGeology.