Cartographie géologique et inventaire minier du Malawi

30.01.2019
Depuis 2016, le BRGM coordonne au Malawi un vaste projet dédié au développement du secteur minier du pays, dans toutes ses composantes : cartographie géologique, inventaire de potentiel minéral, organisation de la filière, transferts de compétences...

Campagne de géologie de terrain pour l'actualisation des connaissances et cartes géologiques et l'inventaire du potentiel minier. © BRGM - N. Charles

Campagne de géologie de terrain pour l'actualisation des connaissances et cartes géologiques et l'inventaire du potentiel minier. © BRGM - N. Charles

Petit pays d’Afrique australe, avec une superficie de 118 844 km2, le Malawi est situé entre le Mozambique, la Zambie et la Tanzanie. Comme pour beaucoup de pays du continent, le développement et la diversification de son secteur minier constituent un facteur majeur de développement économique.

C’est tout l’enjeu de « Geological Mapping and Mineral Assessment of Malawi » (GEMMAP), signé en juin 2016 et mis en oeuvre sur 4,5 ans par un consortium conduit par le BRGM, avec pour partenaires GTK (Service géologique de Finlande), et CGS (Afrique du Sud).

Campagne de géologie de terrain pour l'actualisation des connaissances et cartes géologiques et l'inventaire du potentiel minier. © BRGM - N. Charles

Campagne de géologie de terrain pour l'actualisation des connaissances et cartes géologiques et l'inventaire du potentiel minier. © BRGM - N. Charles

Financé par la France via un contrat de désendettement et de développement, ce projet de 10,2 M€ vise à accompagner le pays dans la réalisation d’un programme de cartographie géologique et d’inventaire minier sur l’ensemble de son territoire. Outre l’actualisation de la couverture cartographique géologique du pays (quarante cartes au 1/100 000, dix cartes au 1/250 000 et une carte à 1/1 000 000) et l’inventaire de son potentiel minéral, il intègre une campagne de géochimie sur sédiments de ruisseaux, une analyse du secteur de l’artisanat minier, une cartographie des aléas naturels et la réalisation de bases de données thématiques et la création de données spatialisées (SIG) qui seront intégrées au SI du service géologique local. Comme tous les projets conduits par le BRGM en Afrique, GEMMAP comporte un ambitieux volet de formation, destiné aux professionnels du Service géologique et du Département des Mines du Malawi, sur le terrain – en compagnonnage avec les géologues du BRGM –, lors de stages chez les partenaires du consortium, et dans le cadre de formations diplômantes (mastères et stages de longue durée - FGA). La mise en place d’une collaboration durable entre les acteurs académiques locaux (Chancellor College), le Ministère des mines et des universités étrangères (France, Allemagne, Afrique du Sud) fait partie des axes de développement potentiels pour les prochaines années.

Emprises des cartes géologiques au 1/250 000.

Emprises des cartes géologiques au 1/250 000. © BRGM

Une première campagne de terrain, en 2017

Le BRGM avait déjà travaillé sur la géologie et les ressources minérales du Malawi, réalisant en 2015, en coopération avec ses homologues malawites, une brochure de synthèse des connaissances afin de promouvoir le secteur minéral.

3 000 échantillons seront prélevés lors de la campagne de géochimie de sédiments de ruisseaux.

C’est sur cette base qu’une première campagne de terrain a été conduite en 2017 avec pour objectif la revisite de tous les indices connus (environ 180), leur relocalisation et leur réinterprétation, en attendant une campagne de géochimie de sédiments de ruisseaux qui prévoit le prélèvement de 3 000 échantillons.

Ces travaux ont permis de répertorier – et de confirmer – de nombreuses occurrences minérales (sulfures, cuivre, graphite, titane, vermiculite, terres rares – dont un fort potentiel en niobium, utilisé dans les nouvelles technologies…) sur les 2/3 sud du pays. Des caractérisations pétrographiques et géochimiques en cours devraient permettre de mieux comprendre leur origine et leur potentiel.

Une attention particulière a été portée aux exploitations artisanales de gemmes (corindon, rubis, béryl, tourmaline, spinelles) avec comme objectif d’aboutir à une meilleure structuration de la filière, via notamment la formation des acteurs et la mise en place d’un certificat d’origine. À ce jour, 12 cartes géologiques à 1/100 000 (sur 40) sont en cours de finalisation et un SIG des principales carrières actives de roches et minéraux industriels (marbres et agrégats, essentiels au développement du pays) et des lithologies potentiellement favorables est en cours d’élaboration.