Projet de recherche captage / stockage du CO2 : les instituts de recherche européens se mobilisent

Communiqués de presse - 05.05.2017
Accroître l’expérience de terrain sur le stockage de CO2, affiner les outils scientifiques pour la sélection des sites de stockage et la surveillance de leur comportement, renforcer le dialogue science-société sur cette technologie : tels sont les objectifs du projet européen ENOS qui va durer jusqu’en 2020 et qui rassemble près de 30 organismes (PME, industriels et instituts de recherche). Le projet sera présenté à l’occasion du forum CO2GeoNet à Venise les 8 et 9 mai.

Le projet européen ENOS (Enabling onshore CO2 storage in Europe) vise à favoriser le développement du stockage du CO2 en Europe, à proximité des points d’émission. Plusieurs démonstrateurs sur le terrain seront étudiés à la loupe, sur des contextes géologiques variés, afin de garantir la sécurité et le respect de l’environnement de cette technologie.

Des tests d’injection de CO2 sur plusieurs sites

Des tests d’injection de CO2 vont être menés sur plusieurs sites. Sur le pilote de stockage d’Hontomin (Espagne), il est ainsi prévu d’injecter 10 000 tonnes de CO2 dans une couche de carbonates à 1500 m de profondeur. L’idée étant d’étudier les meilleurs paramètres à mesurer pour suivre l’évolution du réservoir géologique, et s’assurer de l’absence d’impact sur l’environnement. Des méthodes d’injection innovantes seront aussi testées pour optimiser le stockage et les conditions de sécurité à court et long terme.

Deux autres sites vont aussi permettre d’étudier le comportement du CO2 en cas de fuite. Ces expériences in-situ permettront de valider des simulations de fuite dans deux contextes géologiques différents : dans un aquifère superficiel et le long d’une faille. Le premier est un laboratoire in situ initié par l’université de Nottingham et BGS (British Geological Survey). Le second est le laboratoire pilote de Sulcis (Italie). Ce dispositif expérimental est complété par un site pilote de stockage en République tchèque (LBr-1) et un dernier aux Pays-Bas (Q16 Maas).

Pilote de stockage d’Hontomin en Espagne. © CIUDEN

Pilote de stockage d’Hontomin en Espagne. © CIUDEN

50 Mt de CO2 déjà stockées dans le monde

Le captage et stockage du CO2 a fait l’objet en 2005 d’un rapport spécial du GIEC, lui reconnaissant un rôle clé à jouer pour contribuer à réduire les émissions de CO2, là où l’usage des énergies fossiles reste nécessaire au développement. Les recherches ont démarré il y a près de 25 ans sur cette technologie. On compte actuellement dans le monde 15 projets de taille industrielle en opération, 6 autres en cours de construction et 17 en conception. Ils démontrent qu’il est possible de capter le CO2 émis par des installations industrielles (centrales à charbon, usines de traitement du gaz naturel, usines sidérurgiques, cimenteries…) pour le stocker dans des aquifères salins profonds ou dans des réservoirs d’hydrocarbures épuisés. À ce jour, les quantités de CO2 déjà stockées sont de l’ordre de 50 Mt. Or l’Agence internationale de l’énergie (AIE) recommande d’atteindre un volume de 90 Gt de stockage à l’horizon 2050 pour contribuer à limiter le réchauffement climatique à 2°C conformément à l’Accord de Paris sur le climat signé le 4 novembre 2016.

ENOS au forum CO2GeoNet les 8 et 9 mai

Le projet ENOS sera particulièrement présenté à l’occasion du 12e forum de l’association CO2GeoNet à Venise les 8 et 9 mai, avec un focus sur 3 des sites tests du projet : Hontomín (CIUDEN, Espagne), le Sulcis Fault Lab (La Sapienza, Italie), et le GeoEnergy Test Bed (BGS, Grande-Bretagne). Les partenaires d’ENOS organisent ensuite deux sessions publiques les 10 et 11 mai, sur les thèmes suivants : "collaboration internationale" et "priorités pour la recherche et les futurs pilotes".

Plus d’informations sur le site web du forum

À PROPOS DU PROJET ENOS

Le projet ENOS (Enabling onshore CO2 Storage in Europe), coordonné par le BRGM (France), a débuté en septembre 2016. Il regroupe 28 organisations de 17 pays, pour une durée de 4 ans. Son budget de 12,5 millions d’euros est financé par l’Union européenne (programme H2020), par les partenaires et par des fonds nationaux. Il a été initié par le réseau d’excellence européen CO2GeoNet sur le stockage géologique de CO2.

Partenaires

  • GBA* (Austria) ;
  • GSB-RBINS* (Belgium) ;
  • UNIZG-RGNF* (Croatia) ;
  • CGS* (Czech Republic) ;
  • GEUS* (Denmark) ;
  • TTUGI* (Estonia) ;
  • BRGM*, Flodim, Geogreen, IDIL (France) ;
  • BGR* (Germany) ;
  • NHAZCA, OGS*, Sapienza University of Rome*, Sotacarbo (Italy) ;
  • IRIS* (Norway) ;
  • GeoEcoMar* (Romania) ;
  • SGUDS (Slovakia) ;
  • GEOINZ* (Slovenia) ;
  • CIEMAT, CIUDEN*, IGME* (Spain) ;
  • TNO* (The Netherlands) ;
  • METU-PAL* (Turkey) ;
  • BGS*, Heriot Watt University*, Silixa, University of Nottingham (UK).

* Membres de CO2GeoNet.

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