Prévenir le risque sismique en République Dominicaine

16.08.2016
Évaluer le risque sismique dans l’agglomération de Saint-Domingue et proposer aux autorités des outils de connaissance et de prévention, tel était l’objectif des travaux conduits entre 2014 et 2016 par le BRGM, l’IGME (Espagne) et le CNR-IRISS (Italie), en collaboration avec le Service géologique national de République Dominicaine.

Le séisme dévastateur qui a touché Haïti en 2010 l’a rappelé : l’île d’Hispaniola, située en contexte géologique d’affrontement de plaques tectoniques, est très exposée au risque sismique. En République Dominicaine comme en Haïti, de nombreuses zones urbanisées sont  particulièrement vulnérables.

Présent depuis deux décennies dans le pays avec des projets portant sur la cartographie géologique, l’environnement minier, la prévention des risques naturels... le BRGM a contribué entre 2014 et 2016 à une vaste étude d’évaluation du risque sismique principalement financée par l’Union européenne et gérée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Carte de microzonage sismique du grand Saint-Domingue (zoom sur le Distrito Nacional) à 1/25 000. © BRGM

Carte de microzonage sismique du grand Saint-Domingue (zoom sur le Distrito Nacional) à 1/25 000. © BRGM

 dispositif d’acquisition déployé à Saint-Domingue. Après chute du marteau sur une plaque bois ; les signaux générés sont enregistrés sur une flûte de 24 géophones. © Service géologique national de République Dominicaine - Ing. Santiago Muñoz

Méthode MASW (Multichannel Analysis of Surface Waves) : dispositif d’acquisition déployé à Saint-Domingue. Après chute du marteau sur une plaque bois ; les signaux générés sont enregistrés sur une flûte de 24 géophones. © Service géologique national de République Dominicaine - Ing. Santiago Muñoz

Cartographie, évaluation, prévention

"L’agglomération de Saint-Domingue, explique Jean-Philippe Rançon, responsable pour la Caraïbe au BRGM, s’étend sur plus de 260 km2 et compte 3 millions d’habitants. De nombreux secteurs y sont très exposés à de potentielles amplifications des vibrations sismiques du fait de la nature des terrains, avec d’importants risques d’effondrement ou de liquéfaction des sols. Les techniques de construction et un urbanisme mal maîtrisé contribuent à rendre la situation problématique."

Plusieurs actions complémentaires ont été conduites dans le cadre du projet. Le BRGM s’est notamment consacré à l’étude de l’aléa sismique aux niveaux régional et local. La révision des caractéristiques des failles potentiellement actives et l’actualisation du catalogue de sismicité ont permis de calculer des niveaux d’aléa sismique régional légèrement plus élevés que les valeurs préconisées par le Règlement parasismique dominicain.

La réalisation d’un microzonage sismique a par ailleurs permis de catégoriser les zones urbaines en fonction de leur niveau local de danger. Car selon les quartiers, la nature du sous-sol peut radicalement changer le potentiel destructeur d’un séisme.

"Nous avons aussi, précise Myriam Belvaux, chef de projet, étudié la vulnérabilité des bâtiments à usage d’habitation du Distrito Nacional, centre urbain de Saint- Domingue, dont la Zona Colonial riche en monuments anciens très vulnérables." Les dommages simulés en cas de    séisme seraient conséquents, avec un grand nombre  de bâtiments inhabitables et des milliers de sans-abri. Le BRGM et ses partenaires ont également proposé des mesures de prévention, en y associant les autorités dominicaines de la sécurité civile.

Le projet comportait  également un important volet  de communication auprès du public, ainsi que de transfert de compétences, notamment auprès des jeunes géologues et ingénieurs du Service géologique national.