Mise en sécurité réussie d'un forage pétrolier "fuyard"

06.05.2015
La mise en sécurité d’anciens puits pétroliers défaillants est toujours une opération délicate. Le forage de Cébazat dans le Puy-de-Dôme (qui date des années 80), endommagé à la suite de travaux de terrassement, a nécessité des moyens lourds et des méthodes dédiées dans un contexte particulièrement sensible.

Situé dans la plaine de la Limagne (Puy-de-Dôme), le puits pétrolier de Cébazat est un ancien forage d’exploration qui date du début des années 80. Le contexte géologique de la région est très favorable, avec ses argiles tertiaires riches en matière organique. Les indices pétroliers y sont d’ailleurs connus depuis l’Antiquité (des écoulements de surface sont présents sur l’ensemble du bassin) avec des preuves de présence d’hydrocarbures en profondeur. Ce qui a entrainé une exploration régulière et soutenue à partir des années 1960 et stoppée en 1983.

Machine de forage sur le site de Cébazat.

Des centaines de m3 d'huile visqueuse

Le 29 octobre 2012, suite à des travaux de terrassement pour la création d’un éco-quartier dans le village de Cébazat, la tête de l’ancien forage du même nom a été endommagée. Plusieurs centaines de m3 d’huile visqueuse ont alors envahi les abords du forage, à un rythme de 3 à 4 m3 par  jour ! La mise en  sécurité du puits devenu ce que l’on appelle un forage pétrolier "fuyard", devenait donc urgente, malgré la mise en place de digues puis de bassins contenant le bitume.
L’opération de mise en sécurité, qui a pris moins d’un an, a nécessité une conception dédiée, l’utilisation de moyens lourds de type pétrolier et  une gestion particulière  des  risques environnementaux et industriels.

Elle s’est déroulée en parfaite concertation avec  la DGPR, la DREAL Auvergne, l’opérateur pétrolier Lundin et l’aménageur (l’Office public de l’habitat et de l’immobilier social - OPHIS), le tout placé sous la maîtrise d’ouvrage déléguée du BRGM, via le Département prévention et sécurité minière (DPSM).

Dispositif de sécurité et de contrôle des pressions mis en place sur la tête de puits.

Trois bouchons de ciment superposés d'une longueur totale de 298 mètres

Première intervention sur  le terrain, le 23 janvier 2013, avec la pose d’un bouchon provisoire stoppant la fuite de bitume. Puis, après des  travaux de nettoyage du site  (vidange et rebouchage des  bassins, dépollution, etc.) réalisés par  l’OPHIS, Lundin, sous la houlette du BRGM, a pu intervenir en plusieurs phases entre juin et septembre 2013.

Ainsi, une excavation a d’abord dû être réalisée pour geler la partie supérieure du forage, afin de poser une nouvelle tête. Cette phase avait auparavant été testée en grandeur réelle, chez Lundin. Ensuite, des opérations de génie civil ont été menées afin de préparer l’accueil d’une machine de  forage. Celle-ci  a permis de  reboucher  le forage de manière pérenne, après retrait des tubages, avec trois bouchons de ciment superposés d’une longueur totale de 298 mètres dans la partie supérieure du forage. Les opérations se sont terminées en août 2013.

Pose de 3 bouchons d'abandon définitif (de 298 m à la  surface).

Des  analyses effectuées avant et après l’intervention ont montré l’absence de pollution du site par hydrocarbures.

Un véritable succès, pour un chantier très exposé. En effet, au-delà du fort retentissement médiatique (qui a dépassé la région), le chantier comportait des nuisances importantes : une situation en plein cœur d’une zone habitée avec des riverains à moins de 100 mètres, de fortes odeurs, un fonctionnement 24 heures sur 24 lors de l’intervention de la machine, etc.

Cette mise en sécurité a permis de tirer des enseignements pour le futur, comme la sécurité, avec des pressions attendues importantes (jusqu’à 65 bars) et la présence de CO2. Un chantier qui  a aussi mis en lumière la nécessité, sur des opérations de ce type, de mener des études de conception avec tests en grandeur réelle et des essais.

Bassin de collecte et de rétention de bitume.

Bassin de collecte et de rétention de bitume. © BRGM