LESELAM : lutte contre l'érosion des sols et l'envasement du lagon à Mayotte

27.02.2018
Le projet LESELAM s’inscrit dans le cadre de la Feuille de Route Erosion à Mayotte. Il vise d’une part à comprendre les phénomènes qui conduisent à l’érosion des sols et d’autre part à sensibiliser les populations, élus, associations à adopter des techniques limitant au maximum les pertes de sols, tant en milieu urbain qu’en zone agricole.

L'érosion des sols à Mayotte résulte de l'impact des fortes pluies tropicales sur des sols peu ou pas protégés :

  • en milieu urbain, les chantiers de construction, les talus de route et piste non végétalisés, les jardins avec des sols nus,
  • en zone agricole, les parcelles cultivées sur pentes moyennes à fortes, souvent en monoculture, sans couverture végétale ou paillage au sol,
  • en zone naturelle, les parcelles forestières coupées ou brûlées pour une mise en culture, et les badlands (padzas), etc.

La forte pression anthropique tend à accélérer le phénomène d'érosion : extension plus ou moins contrôlée de l'urbanisation, déforestation, transformation de l’agriculture d’un mode extensif (le jardin mahorais) vers une monoculture laissant les sols sans protection, etc. Cette érosion très active en saison des pluies constitue une menace forte sur le lagon de Mayotte, l’un des plus beaux lagons du monde.

Le projet LESELAM est né pour mieux comprendre, prévenir et remédier à ces problèmes d'érosion des sols à Mayotte.

Le projet Leselam 2015-2017 s’appuie sur le BRGM, le CIRAD, l’IRSTEA, les Naturalistes de Mayotte, et la CAPAM. Leselam 2 (2018-2020) est porté par le BRGM et les Naturalistes de Mayotte, avec l’appui de sous-traitants (Université de Tours, Kermap, Capam, Agrikagna, ADINM).

Lutter contre l'érosion des sols à Mayotte

LESELAM : lutte contre l'érosion des sols à Mayotte

Le projet LESELAM vise à lutter contre l'érosion des sols à Mayotte, pour une adéquation durable entre le développement de l’agriculture et de l’habitat rural d’une part, et la qualité du milieu lagonaire, d’autre part. © Naturalistes de Mayotte

Quantifier les phénomènes érosifs sur plusieurs bassins versants pilotes

Le projet LESELAM vise tout d'abord à produire une connaissance permettant de répondre aux questions posées par les acteurs de terrain. Quelles sont les principales sources d’érosion et dans quelle mesure contribuent-elles à l’envasement du lagon ? Quelle est l’efficacité des différentes mesures de remédiation proposées ?

La création d'un observatoire de l'érosion, permettant de quantifier les phénomènes, a permis d'atteindre cet objectif. Les deux bassins versants pilotes proposés initialement dans le projet (Dzoumogné pour la problématique agricole et naturelle et M'Tsamboro pour la problématique urbaine) ont été identifiés en concertation avec les acteurs locaux, tenant compte de nombreux critères techniques, environnementaux et logistiques. En 2016, un troisième bassin versant, celui du Salim Bé, a été équipé.

Mettre en place un démonstrateur de pratiques de remédiation

Pour mettre en oeuvre, suivre et évaluer les mesures de remédiation, un démonstrateur a été mis en place en zone agricole (comparatif parcelle témoin - parcelle avec techniques agro-conservatoires), en zone naturelle (sur padza) et en zone d’habitat rural (mise en place de jardins témoins avec bandes végétalisées, plantes de couvertures,...).

Sensibiliser et former les acteurs

Des ateliers multi-acteurs ont été mis en oeuvre afin d’amener les populations (agriculteurs et populations urbaines, élus, associations, écoles) à s’approprier les techniques de remédiation limitant l’érosion des sols. Cela a pour objet de faciliter l’appropriation sociale des enjeux et des solutions proposées et conduire à la structuration de l’action collective. L’objectif est de dépasser la logique purement technique de certains projets dont les résultats ne sont pas mis en œuvre, faute d’avoir suffisamment impliqué les parties prenantes dans l’élaboration des solutions préconisées.

POUR ALLER PLUS LOIN

Visiter le site web du projet LESELAM