"Un objectif de protection des personnes, des biens et de l’environnement"

28.10.2013
Interview de Jean-Luc Foucher, directeur Risques et Prévention du BRGM. Le BRGM est un acteur majeur d'une nouvelle prévention des risques à grande échelle et multicompétence.

La question des risques naturels est une problématique centrale dans l’activité du BRGM depuis de nombreuses années. Mais l’approche a-t-elle évolué ?

La plupart des risques naturels sont engendrés par des phénomènes intéressant le sol et le sous-sol ou ayant un impact direct sur ceux-ci. En soixante ans, le BRGM, service géologique national, a capitalisé une expertise unique sur les facteurs de survenue de ces phénomènes, leur nature et leurs conséquences à différentes échelles.

Par sa capacité à développer des outils, notamment méthodologiques, de gestion intégrée du risque et de préparation à la gestion de crise, il possède aujourd’hui un positionnement privilégié auprès des pouvoirs publics.

Que signifie exactement le concept de gestion intégrée ?

La compréhension des phénomènes et la diffusion des savoirs, la mise en place d’outils de prévention, d’alerte précoce, d’aide à la gestion de crise et d’après-crise… sont des éléments indissociables d’un même processus. La gestion intégrée du risque est ainsi une démarche globale où l’ensemble des étapes doit être considéré dès le début.

À titre d’exemple, c’est dès l’amont de la réflexion sur les conséquences possibles d’un séisme que la gestion des déchets engendrés doit être prise en compte. Ce travail, qui doit intégrer tous les scénarios possibles avec des approches plus prédictives, à toutes échelles, est la démarche la plus pertinente.

Quelle est l’incidence des changements globaux ?

Les changements globaux nous conduisent à reconsidérer les facteurs de déclenchement, l’ampleur, la fréquence et les impacts des phénomènes naturels. On pense bien sûr au changement climatique, avec ses effets directs et indirects sur le régime des pluies, des vents, des marées, et leur incidence sur la submersion et l’érosion côtière. On pourrait parler de la fonte des glaciers qui impacte la stabilité des sols montagneux ou le régime des cours d’eau.

D’autres changements sont aussi à l’oeuvre. La croissance démographique et économique est responsable de pressions foncières et d’expositions accrues sur les littoraux et les zones urbaines. Nous devons appréhender cette nouvelle dimension du risque dans ses effets déjà visibles, mais également anticiper sur ses effets futurs.

Quelles sont les recherches et actions du BRGM pour répondre à ces enjeux ?

L’objectif ultime est de réduire la vulnérabilité des populations, des infrastructures et de l’environnement. Notre démarche repose sur un triptyque : acquisition de données et renforcement de la connaissance de base, mise au point d’outils de compréhension des phénomènes - y compris en conditions de multi aléas - et développement d’outils opérationnels de prévention (prédiction, alerte précoce, adaptation des systèmes) et d’aide à la gestion de crise intégrant l’évolution temporelle.

Cela passe par l’amélioration des connaissances de l’aléa, de l’exposition, de la vulnérabilité et des enjeux, en vue d’une planification anticipée des crises et de leurs conséquences. Cette gestion prévisionnelle comporte de la prévention - avec en amont des préconisations d’occupation des sols ou d’aménagement, par exemple - et, en aval de l’événement, formalise l’accompagnement de la résilience des communautés touchées.

Le BRGM travaille en appui direct des pouvoirs publics…

Nous sommes l’un des acteurs du réseau scientifique et technique de l’État. Nous gérons plusieurs bases de données, sur les cavités, les mouvements de terrain, le trait de côte, les remontées de nappes, le retraitgonflement des argiles, notamment. Le BRGM est également associé à la stratégie nationale du trait de côte et des milieux marins.

Nos directions régionales, en France métropolitaine et en Outre-mer, apportent un concours direct aux services déconcentrés de l’État et aux collectivités territoriales à travers de multiples actions parmi lesquelles les plans de prévention des risques ou la mise en place de réseaux de surveillance.