"Une approche physique et systémique sur l’ensemble des phénomènes permet une meilleure prévision des ressources en eau et des inondations"

30.10.2013
Interview de Nathalie Dörfliger, directrice Eau, Environnement et Écotechnologies au BRGM. La bonne gestion quantitative des eaux souterraines passe par la capacité à prévoir l’état des ressources ainsi que la contribution des eaux souterraines dans les inondations.

Portrait 2012 de Nathalie Dörfliger, Directrice Eau, Environnement, et ÉcotechnologiesLa gestion quantitative des eaux souterraines prend une part de plus en plus importante dans vos travaux…

La bonne gestion quantitative des eaux souterraines passe en effet par des capacités à prévoir l’état des ressources ainsi que la contribution des eaux souterraines dans les inondations. Nous avançons donc sur des modèles d’approche physique et systémique, afin de prendre en compte aussi bien les phénomènes de recharge que de prélèvements par pompage dans différents compartiments, le tout dans un contexte de changement climatique et global.

Dans ce cadre, le BRGM travaille à la production d’indicateurs pour le SCHAPI, Service central d’hydrométéorologie et d’appui à la prévision des inondations basé à Toulouse : indicateurs sur l’état hydrique du sol et l’état de saturation des systèmes karstiques ou de la craie du bassin de Paris par exemple.

Autre sujet important : parmi les outils du futur, où en est
BDLISA ?

BDLISA (Base de données des limites des systèmes aquifères) est le référentiel hydrogéologique à l’échelle du territoire national. Il s’agit d’un découpage du territoire national en entités hydrogéologiques avec une représentation en couches cartographiques et de tables associées. Sa construction a été confiée au BRGM depuis 2006 par le MEDDE et l’ONEMA avec un soutien financier des agences de l’eau : une version bêta est maintenant finalisée. C’est une étape importante pour l’élaboration et l’amélioration des jeux de données de référence du système d’information sur l’eau et de webservices cartographiques, et la conception d’outils d’aide à une meilleure gestion des ressources en eau.

Ce référentiel va-t-il évoluer ? Et quelle est votre place au rang international sur la problématique de l’eau ?

L’avenir de BDLISA, pour une meilleure gestion et une meilleure prévision hydrogéologique, c’est sa connexion avec le RGF, le Référentiel géologique de la France. Il est indispensable de valoriser le travail scientifique qui a abouti en France à des modèles et des référentiels à plusieurs échelles. Nous devons essayer aussi de mettre sur pied en partenariat une plateforme de modélisation avec les différents modèles existants, à différentes échelles et au plan national.

Enfin, le BRGM a contribué à la rédaction de l’action CSA WatEUr au côté d’IRSTEA et de l’ONEMA, permettant la mise en oeuvre de l’initiative de programmation conjointe Défis de l’eau (IPC Eau), renforçant ainsi sa place européenne dans la recherche sur le domaine de l’eau.