Une opération de forage pour retracer la mémoire des eaux usées d’Orléans

06.04.2017
Pendant une semaine, une équipe de l’ISTO réalise des prélèvements sur les résidus d’égouts de la chambre à sable d’Orléans. L’objectif est de retracer l’activité de la ville depuis 1942.

Du 3 au 7 avril 2017, les scientifiques de l’Institut des sciences de la Terre d'Orléans (ISTO), unité mixte de recherche associant le CNRS, le BRGM et l’Université d’Orléans, réalisent des opérations de carottage dans les résidus d’eaux usées et pluviales provenant du nord de l’agglomération orléanaise. L’étude des prélèvements a pour but de retracer les évolutions de l’activité humaine sur la zone.

Située sur les Quais Madeleine, en centre-ville d’Orléans, cette opération de carottage est menée avec l’appui de l’atelier forage du BRGM. © BRGM - Astuti Briard

Située sur les Quais Madeleine, en centre-ville d’Orléans, cette opération de carottage est menée avec l’appui de l’atelier forage du BRGM. © BRGM - Astuti Briard

Retracer l’activité de la métropole d’Orléans grâce aux sédiments urbains

La récolte des résidus d’eaux usées et pluviales de la chambre à sable d’Orléans (voir encadré) permet de relever la présence de différentes traces d’événements naturels, ainsi que de l’activité humaine, qui seront datés : médicaments, polluants, essence au plomb, caféine, nicotine,...

Ce travail doit permettre, d’une part, de proposer une chronologie fine et une histoire inédite d’Orléans depuis 1942, dans des domaines aussi variés que les transports, l'alimentation, la santé, l'énergie, la construction, la biodiversité, l'industrie ou les loisirs.

Il s’inscrit d’autre part dans le cadre du projet d’envergure mondiale "Golden Spike", qui cherche à dater précisément le début de l’Anthropocène, un possible nouvel intervalle stratigraphique qui se distingue des précédents par l’impact prépondérant des activités humaines dans les changements environnementaux.

L’opération doit permettre, à travers l’analyse des sédiments, de proposer une histoire locale inédite. © BRGM - Astuti Briard

L’opération doit permettre, à travers l’analyse des sédiments, de proposer une histoire locale inédite. © BRGM - Astuti Briard

Une collaboration de longue date entre le BRGM et le CNRS

Pour cette opération de carottage, l’atelier forage du BRGM a été sollicité pour son expertise dans le cadre de l’accord-cadre BRGM-CNRS, qui renforce la collaboration des deux instituts de recherche dans le domaine des géosciences, des sciences de l’ingénieur, de l’environnement et des sciences humaines et sociales.

Cet accord prévoit notamment la mise en commun de moyens. Le BRGM contribue ainsi au projet en équipant le site d’une foreuse et en apportant l’expertise d’un technicien formé à la réalisation du carottage.

La chambre à sable, un dispositif d'assainissement situé à Orléans

La chambre à sable d’Orléans Métropole, construite en 1942, a pour but de piéger par décantation les plus grosses particules contenues dans les eaux usées et les eaux pluviales de la région nord de l’agglomération orléanaise, avant de les transférer vers la station d’épuration de la Chapelle-St-Mesmin. Sa rénovation en 2015 a notamment permis d’avoir un accès plus aisé à cet ouvrage afin de pouvoir retirer les sédiments sur une profondeur de 5 mètres et de garantir ainsi l’efficacité du dessablage.

En 2015, une première opération de carottage (19 carottes de 2,5 mètres maximum) avaient déjà permis de remonter jusqu’en 1980.

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